La Triade marchande

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La Triade marchande

Message par Admin le Sam 21 Oct - 23:36

La Triade marchande


Historique de la Triade marchande

"Selon toute vraisemblance, la chute des royaume elfiques entraina dans son sillage la disparition des routes commerciales longeant les mers côtières de Grimgaard. Si certains historiens apportent des preuves qui attestent de l'existence de routes maritimes bien avant l'apparition du royaume de Terredor, il nous revient de nuancer de telles preuves et les travaux qui s'y réfèrent. Effectivement, bien que certaines villes côtières et seigneuries du sud entreprirent certainement de tracer des rapports commerciaux sur leurs interfaces maritimes respectives, les relations commerciales qui en découlèrent ne dépassèrent que rarement celles des entités voisines ou, à de très rares occasions, des villes n'excédant jamais plus d'une centaine de miles marins de distance. En réalité, les premières véritables routes commerciales à émerger après la Guerre du Sidonia, n'apparurent que quelques décennies avant que la couronne Teredorienne ne soit fondée et, force est de constater, que le règne de la Sorcière noire compromit grandement leur établissement.
Véritablement, ce n'est qu'avec l'émergente du royaume de Terredor que des routes commerciales maritimes à l'échelle continentale purent être tracées. Quelques historiens marginaux attribuent la fondation de ses routes aux guildes marchandes. Toutefois, dans les faits, ce ne sont ni les guildes ni même les seigneuries côtières qui furent les premières à se lancer dans le commerce maritime à grande échelle. Mes travaux mettent en lumière que, au contraire, ce sont les Cités-Etats nouvelles, véritables entités étatiques indépendantes, qui furent les premières à se livrer au commerce maritime.
"
Edmond Tolles, professeur et historien émérite de l'académie des Grandes Histoires d'Impérius.

Il serait se méprendre que de croire que le royaume de Terredor occupait déjà, à sa naissance, le territoire qu'il occupe aujourd'hui. Bien évidemment, la différence n'était pas sujette à creuser un véritable fossé entre le royaume passé et celui du présent. Néanmoins, de nombreuses seigneuries avaient refusé de se rallier à la couronne Teredorienne. Et pas seulement, nombreuses furent les grandes villes, véritables centre de pouvoir au lendemain de la guerre contre la Sorcière, qui choisirent de se séparer de leurs seigneurs pour devenir des Cités-Etats indépendantes.
Ce sont justement ces Cités-Etats qui, alors que le reste du royaume croulait sous les dettes et les exigences nées de la guerre, firent le choix, pour renforcer leur puissance et renforcer leur indépendance pour les jours plus sombres où le royaume de Terredor serait reconstruit et tournerait ses yeux avides de conquérant vers les frêles cités indépendantes, de s'ouvrir au commerce maritime. Investissant des sommes colossales et axant l'ensemble de leur politique sur le développement du commerce naval, les Cités-Etats parvinrent, après des années, à parsemer les mers côtières de leurs navires et de leurs comptoirs, tissant une véritable toile marchande sur l'ensemble du continent. C'est ainsi que, dans l'essor des Cités-Etats, naquit le commerce maritime tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Malheureusement pour les Cités-Etats, ce qu'elles redoutaient depuis toujours parvint par arriver : Terredor tourna son attention vers les entités indépendantes voisines qui continuaient de narguer sa suprématie. Bien-sûr, les premières mesures prises par les Cités-Etats consistant à détenir le monopole du commerce maritime et à assujettir le royaume de Terredor pour qu'il puisse en bénéficier, suffirent à le maintenir à l'écart. Mais face à un tel géant, elles se firent progressivement dévorer. Au cours de plusieurs conflits mineurs que l'Histoire ne mentionne qu'en bas de page, les Cités-Etats furent conquises les unes après les autres, les routes commerciales tombant progressivement entre les mains des puissances Terredoriennes.

Cette politique de conquête ne cessa que lorsqu'il ne finit par rester que trois Cités-Etats sur tout le continent : Tusselis, Wellos et Tyrania. Les armées Terredoriennes étaient à leurs portes, à n'en pas douter. Il ne restait que quelques mois avant que la maison royale ne déclenche une série de conflits successifs qui auraient fait disparaître les dernières puissances indépendantes de Grimgaard. Une seule chose maintenait encore les armées royales à distance : l'Empire de Valcasie dont les armées s'apprêtaient à poser le pied sur le continent et qui concentraient toute l'intention des seigneuries Terredoriennes.
C'est alors que les trois Cités-Etats bouleversèrent le rapport de force qui était jusque là en leur défaveur. Profitant de cette tournure favorable des évènements, elles se réunirent en secret et signèrent le Pacte d'Achileia, en 45 après l'AT*, donnant naissance à la Triade marchande. Plus qu'une alliance militaire, la Triade se confondait avec le fédéralisme étatique et donnait aux Cités-Etats une seule et même politique économique, militaire, diplomatique et financière.
Le Pacte d'Achileia signé, les flottes de guerre de la Triade se rassemblèrent et mirent les voiles vers la baie du Diamant bleu, l'unique accès maritime menant à Impérius, le coeur du royaume de Terredor. La couronne ne pouvait pas laisser l'Empire s'approcher de la capitale et avait d'ores-et-déjà entrepris de déployer ses flottes dans la mer Olnéasienne, celle-là même par laquelle arriverait les forces de la Valcasie. La baie du Diamant bleu, sans défense si ce n'était celle des petites embarcations de gardes-côtés, fut assaillie par les flottes de la Triade qui déclencha les hostilités contre Terredor sans déclaration préalable de guerre. En quelques heures, la baie était tombée et Impérius était sous le coup d'un blocus commercial que la Triade entendait répéter sur les dernières routes commerciales dont elle disposait encore.
Le royaume de Terredor était pris au piège : le blocus marchand de la Triade s'étendait sur toutes les interfaces grimgaardiennes, privées de défense et abandonnées par les flottes locales parties en guerre dans l'Armada royale, et Impérius était menacée, sous le feu des projectiles alchimiques de la Triade marchande. Faire revenir les flottes n'était pas une option envisageable ; elle laisserait à l'Empire le champ libre pour envahir le continent. Et entendre livrer bataille contre la Valcasie alors que la capitale royale était entre les mains des ennemis de la couronne et alors que les routes commerciales s'écoulaient les unes après les autres, n'était pas non plus un choix raisonné. Seul la paix avec la Triade marchande permettait à Terredor de sortir "indemne" de cette impasse.
C'est ainsi que à peine deux semaines après le début des hostilités, la paix fut signé lors du Traité de Costedoam - petite ville côtière aujourd'hui au nord du Comté de Salamandri - et que prit fin la courte - très courte - guerre du "Diamant bleu". Ce Traité n'apportait rien à l'une ou l'autre des parties, si ce n'était la reconnaissance de la Triade marchande par le royaume de Terredor et un accord de non-agression d'une durée de dix ans. Peut importe, en réalité, car la Triade marchande était née.

Il est fort probable que Terredor n'aurait pas respecté le Traité de Costedoam sans sa défaite contre l'Empire de Valcasie. Toutefois, lorsque le royaume sortit plus humilié que jamais de la première guerre Valcasienne, les temps n'étaient plus à la guerre, ni même à la division. Pour survivre face à la bête impériale, les peuples de Grimgaard devaient rester unis. Très vite, les deux anciens belligérants se rapprochèrent et trouvèrent l'un en l'autre ce qui leur manquait. La révolte de François de Bayard comme la deuxième guerre Valcasienne ne suffirent pas à faire cesser les liens étroits qu'avaient maintenant tissés les deux grandes puissances de Grimgaard ; le commerce maritime était désormais le quasi-monopole de la Triade et le royaume l'acceptait puisqu'il en bénéficiait ; les flottes terredoriennes combattaient maintenant au côté de celles de la Triade pour que ne périclitent pas les bénéfices commerciaux qu'en retiraient les habitants de Grimgaard.
Néanmoins, depuis peu, les relations entre le royaume de Terredor et la Triade marchande connaissent une période sombre qui n'augure rien de bon. Si la Triade ne s'est jamais opposée à l'ascension de la maison Bayard sur le trône, l'avénement du Comté Salamandri et la place qu'il occupe désormais dans la sphère commerciale sont, en revanche, de nature à menacer la bienveillance des rapports entretenus entre la couronne terredorienne et la puissance commerciale. La perte de nombreuses de ses parts de marché et la disparition de son monopole commercial a conduit la Triade à se rapprocher de l'Empire de Valcasie, ennemi attitré du trône de Terredor, de crainte que celui-ci ne se retourne contre elle lorsque le Comté de Salamandri sera devenu capable d'assurer le maintien de l'ensemble du commerce grimgaardien.

Fonctionnement politique de la Triade marchande

La Triade marchande est une entité assimilable à un organisation fédérale à visée commerciale. Elle comprend trois Cités-Etats (Tusselis, Wellos et Tyrania) qui ont volontairement, par le Traité d'Achileia, consenties à déléguer plusieurs de leurs pouvoirs régaliens mais qui ont toutefois conservé leurs modèles politiques respectifs.
La Triade marchande n'est pas dirigée par les autorités gouvernementales des Cités-Etats mais par des organes exécutif et législatif qui lui sont propres.

Le pouvoir législatif triadique : l'Assemblée des Senatii

L'organe législatif de la Triade est l'Assemblée des Senatii. Celle-ci exerce l'ensemble du pouvoir législatif, aussi bien à l'échelle de la Triade que des Cités-Etats - la législation en vigueur dans la Triade est donc identique dans toutes les Cités-Etats -, et est composée de six cents Senatii (Senati au singulier), soit deux cents par Cités-Etats.
Les Senatii sont élus au suffrage universel direct masculin en Tusselis, au suffrage universel direct féminin en Tyrania et au suffrage censitaire à Wellos. Quelque soit la Cité-Etat dans laquelle ils sont élus, les Senatii sont investis de leur charge pour un mandat de trois ans, renouvelable à deux reprises, au cours d'élections qui se déroulent en même temps dans tout le monde triadique.  

L'Assemblée se prononce sur l'ensemble des décisions relatives à la Triade marchande. Ses compétences ne connaissent aucune limite, si ce n'est la gestion des armées. Néanmoins, elle reste maître de la politique militaire - surtout sur le plan financier - et dispose du pouvoir diplomatique en lieu et place des autorités gouvernementales des Cités-Etats.

Les actes pris par l'Assemblée sont de deux sortes : les lois et les directives. Les lois sont le produit en bonne et due forme du pouvoir législatif ; elles sont des normes générales et impersonnelles qui ont pour objet de régir textuellement les aspects les plus essentiels de la société triadique, et sont votées à la majorité des voies. La norme législative ne connaît, à proprement parler, aucune limitation dans son champ d'application, et s'applique donc dans la plupart des domaines. Selon une coutume rapidement admise par les Senatii, les lois prises par l'Assemblée ne doivent être que strictement nécessaires ; dès lors qu'une question juridique ne nécessite pas formellement l'intervention du législateur, c'est au pouvoir réglementaire local de veiller à y apporter une réponse. Par conséquent, le nombre de lois votées est très faible - sauf lorsqu'il s'agit de définir les matières commerciale et pénale -, les Senatii laissant principalement aux autorités réglementaires le soin d'édicter une réglementation d'espèce adaptée aux circonstances locales.
Ainsi, c'est principalement par les directives qu'agit l'Assemblée. Votées par l'Assemblée dans les mêmes conditions que les lois, les directives permettent au pouvoir législatif triadique de donner son opinion ou sa réponse lorsqu'il est saisi d'une question ou qu'il le désire, et disposent de la force obligatoire. Les directives sont donc très fréquentes et interviennent dans tous les domaines, mêmes les plus surprenants.

En cas de conflit, la durée normale du mandat des Senatii est suspendue, leur permettant de rester en poste pendant toute la durée des troubles, même si ils excédaient trois ans. Néanmoins, à la fin du conflit, leur mandat reprend là où il s'était achevé.

De tout temps, l'Assemblée des Senatii siège dans la Tour de Vol Mandis, une relique architecturale elfique.

Le pouvoir exécutif triadique : le Basileus

Après chaque élections législatives, les Senatii élisent parmi eux le Basileus pour un mandat lui-aussi de trois ans, renouvelable à une seule reprise. Par vote, l'Assemblée peut prendre la décision de le révoquer à tout moment ; son successeur sera alors élu selon un mode électif similaire mais son mandat ne pourra excéder celui de l'Assemblée qui l'a élue.
S'il est assimilé au pouvoir exécutif, c'est en réalité seulement parce qu'il dispose de la force armée, entant que "chef des armées de la Triade". Toutefois, il n'exerce aucun pouvoir réglementaire, ni même de police, et n'est pas chargée de veiller à l'applications des mesures prises par l'Assemblée. Le Basileus est aussi investi de l'autorité diplomatique, ce qui signifie qu'il est le représentant de la Triade sur la scène "internationale". Néanmoins, il ne peut en aucun cas engager la Triade dans quelque accord que cela soit sans l'autorisation préalable du pouvoir législatif triadique.

De manière générale, le Basileus dispose d'un cabinet exécutif, composé d'agents choisis par l'Assemblée des Senatii. Ces agents, sélectionnés pour leurs compétences, ne sont pas seulement choisis le temps d'un mandat mais sont, au contraire, engagés pendant une période indéterminée.

En cas de conflit, les prérogatives du Basileus sont considérablement augmentées. Il lui devient ainsi possible d'intervenir par voie réglementaire dans les domaines de compétence du législateur, mais seulement en matières de police et militaire - même sur le plan financier. De plus, pendant toute la période du conflit, la durée normale de son mandat est suspendue, lui permettant de rester en poste plus de trois ans. Néanmoins, à la fin du conflit, son mandat reprend là où il s'était arrêté.

L'exercice du pouvoir réglementaire

Comme nous l'avons dit, l'Assemblée exerce le pouvoir législatif. Toutefois, la législation triadique est relativement rare dans la majorité des domaines nécessitant une intervention normative. Par conséquent, c'est le pouvoir réglementaire qui va venir pallier les défauts de la loi. Ce pouvoir appartient aux autorités gouvernementales des Cités-Etats qui le délèguent ensuite comme elles l'entendent. Ainsi, si la législation est uniforme dans toute la Triade marchande, la réglementation - qui peut d'ailleurs apporter des différences de traitement significatives - est sensiblement différente d'une Cité-Etat à l'autre.

Fonctionnement financier et commercial de la Triade marchande

Pour faciliter les échanges commerciaux entre les Cités-Etats, la Triade dispose d'une monnaie qui lui est propre : l'Achille. Si la Triade avait à l'époque choisi une monnaie différente de celle du royaume de Terredor, c'était pour démontrer sa volonté de rompre avec la couronne. Toutefois, maintenant que les temps sont plus propices au commerce, la monnaie de la Triade a été désévaluée pour s'aligner sur la monnaie terredorienne. Aussi, les deux monnaies sont aujourd'hui de valeur égale.

Il est indéniable que l'ensemble de la Triade est fondée sur le commerce maritime, et même terrestre. L'industrie est presque absente des Cités-Etats, sauf de Wellos qui est paradoxalement la ville la plus industrialisée de tout Grimgaard. L'agriculture, quant à elle, demeure essentiellement vivrière à l'exception des plantations de cotons.
L'influence de la Triade ayant certes diminué avec l'ascension fulgurante du Comté de Salamandri, elle n'en conserve pas moins la direction de la majorité des routes commerciales parsemant les mers grimgaardiennes et disposent de pas moins de quatre-vingts six comptoirs commerciaux, dont deux en Valcasie - l'un à l'enclave grimgaardienne et l'autre dans la capitale impériale de Valcania.
Selon un adage qui s'est rapidement imposé, "il est impossible de trouver dans tout Grimgaard un objet qui n'aurait pas transité entre les mains d'un marchand triadique avant d'être vendu". Si cet adage exagère grandement l'influence marchande de la Triade, il traduit toutefois l'importance des flux commerciaux qui transitent par ses comptoirs. Véritables carrefours de richesses, souvent présents dans des villes fortifiées, on trouve dans ces comptoirs toute sorte de produits destinés à la vente. Les marchands de la Triade, titulaire d'une autorisation spéciale que seuls les citoyens triadiques peuvent réclamer, sont parmi les plus grands experts du continent et ont l'habitude de voir transiter dans leurs livre de compte des sommes à faire pâlir bon nombre de seigneurs terredoriens.

Sans grand surprise, les professions marchandes, militaires, savantes et maritimes, occupent les quatre-vingt dix pour-cent du secteur professionnel triadique et constituent les principaux moyens de revenus de la Triade marchande.
Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des terredoriens s'installer dans les Cités-Etats, où l'exercice de tous les métiers, même marchands, sont autorisés, et où la fiscalité est extrêmement basse par rapport au reste du monde civilisé.

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