L'histoire du continent de Grimgaard

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L'histoire du continent de Grimgaard

Message par Admin le Dim 9 Avr - 21:34



L'histoire de Grimgaard

Fut un temps où la paix régnait sur le continent de Grimgaard. Il était de ce temps où la magie et l’acier agissaient encore ensemble pour construire l’avenir et où mages et guerriers ne se livraient pas à leurs luttes pour s’accaparer la domination symbolique du continent.
Les hommes et les elfes vivaient en harmonie, se refusant chacun le luxe des guerres, et préférant le partage et les compromis, à la jalousie et l’opposition.
Les engeances nées des folies des hommes qui tentèrent de s’accaparer les pouvoirs des dieux à travers la magie, n’étaient que des créatures mystiques destinées à animer les contes que colportaient les bardes et les conteurs de royaumes en royaumes.

Fut un temps où le grondement des armées de l’empereur de Valcasie était encore inaudible des habitants de Grimgaard et où le peuple des elfes, asservi par les hommes, ne se contentait pas de son enclave à l’est du Jarl de Lothbrock…

En ces temps lointains, les royaumes elfes dominaient l’ensemble du sud du continent de Grimgaard.
Partout où nous pouvions aller, rayonnaient la gloire et la splendeur de la culture elfique. A travers tout le continent, nous pouvions observer les majestueuses tours de cristal aux couleurs d’émeraude et d’opale, qui couvraient de ridicule les palais de leurs voisins humains ; les grandes cités elfiques où régnaient la magie, la richesse et la splendeur sous le délicat parfum des épices venues de Valcasie et des royaumes nordiques.
Les conteurs et les bardes vantent encore ce qui fut l’âge d’or des elfes et où l’animosité qui dévora leurs royaumes n’étaient que superstitions malsaines.

Ce temps était celui où le Kal Reis régnait. Grand roi parmi les rois, seigneur parmi les seigneurs, craint des hommes comme de ses semblables, le Kal Reis était le protecteur des royaumes elfes de Grimgaard.
Nul ne sait d’où vint sa tradition, mais en ces temps qui furent l’âge d’or des elfes, le Kal Reis était le garant de l’équilibre qui régissait le continent.
Considéré par les siens comme le plus grand des guerriers, le plus sage des mages et le plus vertueux des elfes, il ne pouvait être remplacé que par celui qui parvenait à le défaire en duel singulier afin de conserver la primauté de sa fonction.
Le symbole de son pouvoir était le Sidonia, un casque elfique que l’on disait offert des dieux, et que lui seul était en droit de porter.

En cet âge d’or des elfes, au nord et à l’ouest, les jeunes royaumes des hommes sortaient de terre pour couvrir le continent de leurs villes, de leurs champs, et de leurs châteaux.
Nous étions encore bien loin de l’époque où les hommes asservirent les elfes pour en faire leurs esclaves et piller leurs terres.
En ces temps où hommes et elfes vivaient en paix, les royaumes humains, à l’images des royaumes elfes, connurent eux-aussi la prospérité, loin des guerres qui les dévoreront plus tard.

Oui, il fut une époque, si lointaine qu’elle nous apparait aujourd’hui plus ancienne que les astres qui tapissent la voute céleste, où Grimgaard était en paix.
Mais lorsqu’un ordre établi depuis des millénaires atteint son apogée, il ne peut tendre que vers une seule chose : le déclin.


I. Le Grand Schisme elfique



En - 852 avant l’avénement du royaume de Terredor, le Kal Reis Temerin fut assassiné par le plus terrible et le plus cruel des seigneurs elfes, Sagath. Comme le voulait la tradition elfique, le titre de Kal Reis aurait dû revenir au détenteur du Sidonia. Mais pour la première fois depuis l’avènement des royaumes elfiques de Grimgaard, des seigneurs elfes se levèrent et s’opposèrent au couronnement de Sagath, refusant de plier le genou et de courber l’échine devant lui.

Le territoire des elfes se fractura… Le tintement de l’acier et les incantations des mages se répandirent dans les rues des cités elfiques tandis que les substances et les poisons des alchimistes embaumaient le ciel de Grimgaard de leurs odeurs artificielles. Dans tous les royaumes, résonnaient le son des corps de guerre des seigneurs qui rassemblaient leurs soldats et leurs fidèles pour brandir leurs bannières. Partout sur le territoire elfique, des chasseurs et des guerriers écumaient les forêts, les plaines et les montagnes pour traquer et capturer des créatures mystiques afin de grossir les rangs des futurs belligérants.
En seulement quelques mois, le vent de la guerre se répandit sur les terres des elfes. Les vastes cités avaient troqué leurs draperies pour les étendards de leurs seigneurs, et le son des instruments à vent et à corde qui faisaient la renommé des bardes elfes avaient laissé la place aux crissements des armes et des armures sur la pierre froide et le cristal poli.

En ces temps qui sonnaient la fin de l’âge d’or des elfes, se réunissaient les armées de Sagath sous la bannière du Kal Reis, et celles des forces coalisées, menées par le seigneur elfe Bosirris.
Pour la première fois dans l’histoire des elfes, la guerre était inévitable… Le Grand schisme elfique s’était formé.

Pendant près de cinquante années, la guerre ravagea les terres des elfes. Les deux armées se livrèrent aux pires carnages, s’affrontant dans des batailles où ils ne laissèrent que sang, ruines et fumée derrière eux.
Pendant cinquante années, bafouant les principes de leurs ancêtres, les royaumes elfes s’entredéchirèrent et saccagèrent leurs terres et leurs cités, sous l’oeil attentif des hommes.  
En seulement cinquante années, tout ce que la civilisation elfique avait pris plus d’un millénaire à bâtir, le Grand schisme l’avait réduit à néant…

Après cinquante années de guerre, l’opposition remporta la bataille de Tolbec et les armées de Sagath furent défaites avant qu’il ne soit exécuté par les seigneurs elfes victorieux.
Ce fut Kemir, fils de Bosirris, qui fut choisi par les siens pour devenir le nouveau Kal Reis et porter le Sidonia, mettant fin au Grand schisme elfique et ramenant la paix dans les royaumes elfes.


II. L’ère du Kal Reis Horul



Mais cinquante années de conflits avait fait rentrer la guerre dans la tradition des elfes. Si l’horreur du Grand schisme hantait encore les esprits de ses vétérans, les jeunes générations qui avaient été bercées par les récits de leurs pères qui s’étaient illustrés pendant la guerre, ne rêvaient désormais plus que de batailles épiques et d’affrontements héroïques.

En seulement cinquante années, la civilisation elfe avait basculée. Sa culture, autrefois florissante, était désormais lointaine. Les bienfaits de la magie avaient laissé leur place aux sortilèges les plus abominables et aux arcanes les plus destructrices. Les majestueuses villes de verre, réduites en cendres pendant la guerre, avaient laissé place à des cités fortifiées et à des place-fortes faites de pierre et d’acier. L’orfèvrerie elfique avait quitté les domaines du verre, de la céramique et des pierres précieuses, pour celui des métaux. La littérature et les sciences étaient délaissées des jeunes elfes pour le maniement des armes, la stratégie militaire et les magies offensives.
Oui, en seulement cinquante années, la civilisation elfe de Grimgaard était passée de l’amour de la connaissance, au culte de la guerre. Les conflits, autrefois si absents des terres elfes, proliféraient désormais. Les royaumes elfes entretenaient des armées colossales pour se livrer bataille pour des futilités propres aux guerres, devenant semblables aux barbares du nord qui menaçaient les royaumes humains.

C’était en ces temps de basculement que vint au pouvoir le Kal Reis Horul, ou le Roi Tyran, en - 663 avant l’avénement du royaume de Terredor.
Horul était un enfant né pendant le Grand schisme. La culture rayonnante des elfes lui apparaissait comme superflue, peut-être même futile. Il était un enfant de la guerre, l’un de ceux bercés par les récits des Héros elfes et par les batailles épiques du Grand schisme.
D’un naturel suspicieux, né de l’animosité qui régnait autour de lui, Horul était très certainement le plus grand guerrier de son temps, mais comme tous ceux que l’on disait être les plus grands, il ne craignait qu’une chose : que lorsqu’il aurait atteint le sommet, quelqu’un l’en fasse tomber.

Animé par une paranoïa malsaine, le Kal Reis commença par éliminer ses plus fins détracteurs. Si les premiers furent assassiner sous le couvert de la nuit et avec la discrétion que recommandaient de telles exactions, les suivants furent abattus sans vergogne, égorgés ou décapités lors de vastes bains de sang ou lors d’exécutions rendues publiques par le Kal Reis.
Puis, alors que le vent de la révolte grondait sur son trône et que sa crainte d’être renversé ne s’en trouvait que renforcer, Horul chercha à éliminer tous ceux qui auraient pu représenter une menace pour lui, et enflamma les royaumes elfes en semant les braises de la guerre civile…

Si le Grand schisme avait opposé deux grandes causes, l’ère du Kal Reis Horul opposa ses armées aux royaumes elfes. Il les soumit un à un, saccagea des régions entières, rasa des cités, décima des familles et massacra des armées entières pour assurer sa seule pérennité.
Mais l’attitude du Roi Tyran ne tarda pas à unir les seigneurs elfes pour faire tomber le despote et les terres des elfes sombrèrent dans la guerre civile.

Douze années passèrent avant que le Kal Reis Horul et ses armées furent vaincus lors de la bataille d’Alamis.
Si l’avénement de son successeur, le Kal Reis Orko, ramena la paix et la stabilité sur les terres elfiques, le Grand schisme et la dernière guerre avaient réduit définitivement les royaumes elfes à l’ombre de ce qu’ils étaient, il y a plus d’un siècle.


III. Les temps de la Perfide

La crainte révérencielle des hommes à l’égard des elfes les avaient toujours tenu à l’écart des royaumes elfiques. Craignant les guerriers elfes et leurs magies, les seigneurs du nord de Grimgaard se gardèrent bien d’intervenir dans les conflits de la race elfique de crainte d’en connaitre les revers, bien qu’ils n’aient jamais pu totalement les éviter.
Pour autant, alors qu’ils avaient tout fait pour s’en garder, ils ne tardèrent pas eux-aussi à en être les victimes…

En - 646 avant l’avénement du royaume de Terredor, soit trois années après la fin de la guerre civile engagée par le Kal Reis Horul, une terrible épidémie se répandit sur tout le continent. Engeance née des sortilèges utilisés pendant la guerre elfique, cette épidémie baptisée la « Perfide », commença par saccager les royaumes elfes puis se propagea à travers la terre des hommes.

Se répandant à travers les cours d’eau, abreuvant les champs et les forêts et ingurgitées sans vigilance par les êtres vivants, hommes, elfes comme bêtes, la « Perfide » était un agent pathogène redoutable qui parvenait à contaminer des villes entières en quelques jours, et un continent entier en quelques mois.
Déformant le corps de ceux qu’elle contaminait en les recouvrant de croutes pourpres noircissant alors qu’elle se développait dans l’organisme de sa victime, la « Perfide » terrassait les malades en seulement quelques semaines, les dévorant de l’intérieur.

Forte de son pouvoir de propagation et de sa mortalité naturelle, la « Perfide » décima les habitants de Grimgaard.

Il fallut attendre - 644 avant l’avénement du royaume de Terredor, pour que des mages elfes parviennent à détruire l’engeance et mettent fin à la pandémie qui laissa derrière elle des royaumes entiers décimés.

Si la « Perfide » ne sévit que pendant deux années, elle emporta près dix-sept millions de personnes, et ouvrit la voie à la famine… et à la haine viscérale des hommes à l’égard des elfes.


IV. La guerre du Sidonia



Assemblée du Trident

La « Perfide » avait meurtri Grimgaard où des royaumes entiers avaient été ravagés par la maladie. Si des millions d’elfes avaient été décimés par l’engeance qu’ils avaient créé dans leur folie, les hommes furent exterminés par une entité qu’ils n’avaient jamais provoquée, ni même imaginée.

Si l’engeance elfe avait été vaincue en seulement deux années, la famine qui la suivit, sévit pendant cinq autres.
Pendant cinq années, les familles qui n’avaient pas été décimées par l’épidémie, furent emportées par la famine…
Il était certain que les royaumes elfes furent tout aussi touchés par leur création mais, dans le coeur des hommes, se développèrent une haine et un besoin de vengeance que la crainte révérencielle qu’ils entretenaient à l’égard des elfes ne suffisait plus à contenir : la « Perfide » et la famine étaient parties, mais ceux qui en étaient à l’origine, eux, étaient bien en vie, et ils devaient payer.

Après plus d’un millénaire de paix entre hommes et elfes, la guerre allait naitre des cadavres de la « Perfide »…

En - 638 avant l’avénement du royaume de Terredor, les royaumes humains s’allièrent lors de l'assemblée du Trident et partirent en guerre contre les elfes pour venger les victimes de la « Perfide ». Alignant des centaines de milliers d’hommes venus de tout le nord de Grimgaard, les seigneurs marchèrent vers le sud pour envahir les royaumes elfiques.

Mais si les hommes étaient animés par la plus pure et la plus noble des vengeances, même leur haine ne suffisait pas à vaincre les armées elfes qui s’étaient rassemblées à l’appel du Kal Reis Pantaran. Car en ces temps de guerre, la magie était du côté des elfes.
Si la magie des hommes étaient nettement inférieures à celles des elfes, le nombre des mages humains était limité à ceux qui naissaient dans les grâces des dieux. Là où le don de la magie était une exception chez les hommes, il était une norme chez les elfes.
Forts de leurs talents naturels et de leur maitrise de la magie, les elfes, bien qu’en très large infériorité numérique, décimèrent les armées de leurs envahisseurs en usant de sortilèges dévastateurs.



Victoire elfe de Tol Meana

Impuissants, les seigneurs du nord furent contraints de fuir le sud et de se replier dans leurs royaumes, là où ils se croyaient à l’abris de la fureur des elfes.
Mais le Kal Reis se refusait à la paix. Animé par le désir de revanche et par l’opportunité d’envahir le nord de Grimgaard, Pantaran emmena ses armées conquérir les royaumes humains.

Trois années passèrent pendant lesquels les royaumes du nord tombèrent un à un, soumis par la puissance de la magie elfique.

Mais si la guerre avait ravagé la terre des hommes, elle avait appris aux mages humains à se servir de la magie à l’image des elfes.
En - 635 avant l’avénement du royaume de Terredor, treize grands mages se réunirent sur le mont Karis et donnèrent leurs vies pour créer une malédiction qui perdurerait à travers les époques et qui, à jamais, frapperait les mages.

« Pour punir ceux qui ont dévoyé la magie,
Pour châtier ceux qui, pareils à des dieux, ont usurpé d’un don divin pour semer la mort, la peur et la désolation,
Pour venger ceux qui sont tombés par la magie de ceux qui en ont abusée,
Nous déclarons que tout être qui naitrait, investi du don divin qu’est la magie, sera maudit du jour de sa naissance à celui de sa mort.
Nous déclarons que de l’aube de ses jours, au couché de sa vie, nul serviteur de la magie ne pourra toucher le métal sans connaitre la souffrance qu’ont connu ceux que la magie à emporter par ses abus.
Nous déclarons, pour protéger les impuissants des dieux, que nul magie ne pourra atteindre le faible protégé par l’argent »



Maudits par le sortilège des treize mages du mont de Karis, les elfes, nés avec le don de la magie, devinrent incapable de porter l’acier, l’argent et l’or qui composaient leurs panoplies. Privés de leurs armes et de leurs armures, les armées elfes furent défaites, et le Kal Reis vaincu.

Plus que de priver les elfes du Sidonia et d’un Kal Reis, la guerre qui avait opposé les hommes aux elfes marqua la fin des royaumes elfiques qui furent ensuite conquis par les seigneurs du nord après leur victoire. Les elfes, vaincus et humiliés, furent décimés tandis que les survivants furent réduits en esclavage pour servir les hommes comme esclaves. Seuls les elfes de Gellos parvinrent à tenir les seigneurs du nord en échec. Après plusieurs années de guerre, les royaumes humains négocièrent la paix avec le dernier royaume des elfes, et apparut ainsi l’enclave elfe de Gellos qui perdurent encore de nos jours, à l’est du Jarl de Lothbrock.

Quant au Sidonia, il fut caché des elfes afin que nul Kal Reis ne puisse renaitre des cendres des royaumes elfiques. Si le lieu où le casque fut caché resta longtemps un mystère, les dires racontent aujourd’hui que le Sidonia est gardé à Tannenberg, par les légionnaires d’Acier…

Cependant, la défaite et l’asservissement des elfes ne furent certainement pas les conséquences les plus importantes de cette guerre. La guerre du Sidonia avait surtout donné naissance à la « malédiction des mages de Karis », ou la « malédiction des mages ».
Depuis ce jour où les treize grands mages du mont Karis donnèrent leurs vies pour maudire les utilisateurs de la magie, aucun mage ne put jamais plus toucher le métal sans en éprouver une terrible souffrance, et l’argent devint le seul rempart contre la magie, devenue inefficace contre lui.


V. L’ère de la sorcière Morgane et la naissance du royaume de Terredor



La Sorcière noire Morgane

La guerre du Sidonia apporta aux hommes la connaissance d’une magie qui vint rapidement surpasser celle des elfes, et qu’ils parvinrent aisément à s’accaparer. En quelques siècles, l’art de la magie se répandit pareille à une trainée de poudre sur le continent de Grimgaard, et les mages nés parmi les hommes ne tardèrent pas à égaler ceux nés parmi les elfes.

Afin de veiller à ce que les mages n’usent pas de leurs pouvoirs afin d’asservir ceux qui en étaient dépourvus, les plus grands mages du continent s’assemblèrent pour former le Premier cercle, une organisation magique destinée à réguler et surveiller le monde de la magie et à veiller à ce que l’Obscur ne tente pas le coeur des mages.

Afin de structurer le monde de la magie qui ne cessait de croitre et qui tendait à devenir incontrôlable, le Premier cercle partagea les mages en trois catégories : les Mineurs, représentant l’immense majorité de leur communauté ; les Médians, des mages émérites capables d’user de sortilèges de haute volée, parfois même mortels ; et les Majeurs, considérés comme les mages les plus puissants de tous, capables d’annihiler des armées et de ravager des villes entières.
Le pouvoir des majeurs était tel que le Premier cercle ne délivra ce titre qu’à trois mages dans tout Grimgaard.

Mais ce qui devait arriver, arriva, et un majeur fut tenté par l’Obscur. La sorcière Morgane, l’une des trois plus puissantes magiciennes de Grimgaard, se livra à la magie noire et s’ouvrit à ses arcanes interdites.

Usant des pouvoirs que lui conférait l’Obscur, en - 62 avant l’avénement du royaume de Terredor, Morgane décima les membres du Premier cercle, et assassina Merowind d’Osgo, l’un des deux autres Majeurs du continent.
Rassemblant les adeptes de la magie noire autour d’elle, et usant de la nécromancie pour renforcer les rangs de son armée, Morgane soumit sans aucune difficulté les royaumes de Grimgaard qui furent incapables de l’arrêter, démunis face à la magie terrifiante d’une Majeure.

En seulement deux ans, Morgane avait pris le contrôle de la moitié de Grimgaard… Les mages qui se refusèrent à la magie noire furent traqués et exterminés dans une purge orchestrée par la Sorcière. Les guerriers les plus habiles et les chevaliers les plus célèbres furent corrompus ou exécutés par les fidèles de Morgane
Seul le dernier Majeur en vie, avec Morgane, Antonio Nicovante, fut épargné en échange d’une terre dans le sud et d’un pacte de non-agression.

Et oui, si la « malédiction des mages de Karis » avaient affaibli les utilisateurs de la magie, elle ne les avait pas vaincus. Les monarques de Grimgaard avaient cru à tord que la magie pouvait être contrôlée par des hommes en armes. Mais en réalité, si les affrontements contre les mages étaient fréquents lors des guerres, les soldats n’étaient pas formés à les combattre.
Incapables de rivaliser avec la puissance de la Sorcière et la magie de ses fidèles, les seigneurs étaient impuissants…

Pendant cinquante-cinq ans, Morgane régna en maitre sur Grimgaard. Les royaumes qui avaient survécu à ses conquêtes durent plier genou pour éviter d’être détruit, les mages furent contraints de s’exiler dans le sud pour trouver la protection d’Antonio Nicovante, et les engeances et autres créatures de l’Obscur envahir le continent.

Mais la flamme de la révolte couvait sous les ruines des cités dévastées et sur les tombes des cadavres qu’avaient laissées derrière elles les hordes de Morgane.
En - 5 avant l’avénement du royaume de Terredor, un groupuscule de chevaliers se forma au coeur de la baronnie de Bayard.
Cette organisation se fit baptiser « la Légion d’Acier ». Formée de soldats et de chevaliers à qui la Sorcière avait tout enlevé, la Légion d’Acier entraina ses guerriers à combattre les mages, et à défaire la magie.



Les forces de la Légion d'Acier se rassemblant à Tannenberg, lors de l'hiver

Si la Sorcière c’était toujours montrée prudente, elle commit l’erreur de sous-estimer la Légion d’Acier.
En moins d’un an, les légionnaires qui n’étaient que quelques dizaines, devinrent des milliers. Rejoins par les royaumes asservis, puis par Antonio Nicovante et les mages libres, la Légion d’Acier se mit en marche pour défaire la Sorcière.

Après une année de lutte, la Légion d’Acier parvint à la défaire dans son antre, au coeur de ce qui est aujourd’hui le Jarl de Draupnir.
Mais si son enveloppe charnelle était détruite, Morgane n’était pas morte. Sa magie était si puissante que, même privée d’enveloppe charnelle, la magicienne parvenait encore à survivre dans le monde des mortels. Les compétences martiales de la Légion d’Acier ne suffisait plus, seuls les mages pouvaient se débarrasser définitivement de l’une des leurs. A l’initiative d’Antonio Nicovante, fut formé le Second cercle qui scella l’âme de la Sorcière dans un temple perdu.

La guerre finie, le règne de la Sorcière Morgane achevée, les légionnaires retournèrent dans leurs terres et la Légion d’Acier disparue comme elle était apparue…

L’ère de Morgane avait montré aux monarques de Grimgaard que la magie ne pouvait pas être contrôlée par le commun des mortels. Seuls des guerriers entrainés à la combattre pouvaient la tenir en échec.
La création d’un Second cercle ne pouvait suffire, les mages ne devaient pas être les seuls à se réguler, la Légion d’Acier devait être instituée définitivement et défendre les habitants de Grimgaard des dépassements que s’autorisaient les utilisateurs de la magie.
Mais cela ne pouvait suffire, des organisations indépendantes ne pourraient pas empêcher de nouvelles guerres. Les hommes ne devaient pas commettre les mêmes erreurs que les elfes. Grimgaard devait être uni pour survivre. La pluralité des royaumes devaient disparaitre, et un roi unique devait monter sur le trône pour diriger le continent…

Trois années après la disparition de la Sorcière, les monarques de Grimgaard se réunirent lors du concile de Sakares, et élurent le Duc Eric Castilles, seigneur d’un duché du sud, comme roi, donnant naissance au royaume de Terredor.


VI. La révolte de François Louis de Bayard  



Bataille de Tessandre, charge de l'armée du Baron François Louis de Bayard

L’avénement d’un roi unique changea le fonctionnement géopolitique de Grimgaard et bouleversa la hiérarchie établies entre les seigneurs depuis la fin de la guerre du Sidonia. La noblesse d’épée commença à disparaitre pour la noblesse de robe afin de s’attirer les faveurs du roi. La noblesse de sang délaissa progressivement le maniement des armes pour celui du noble jeu…

Terredor était un royaume prospère qui se reconstruisait des méfaits de Morgane, et où la nécessité des guerres était remise en cause. La paix régnait. Mais plus que jamais, la magie était détestée de ceux qu’elle n’avait pas choisie. Le règne de la Sorcière avait boulversé le rapport des hommes à la magie. Les mages n’étaient plus les grands acteurs politiques qu’ils étaient autrefois. Exclus du commun des mortels dès leur naissance par leur don, les mages étaient désormais exclus socialement. Seuls les plus talentueux d’entre eux parvenaient à s’attirer la faveur des nobles ou du Second cercle.
Plus que jamais, les seigneurs se tournaient vers la Légion d’Acier, plus que vers le Second cercle, pour régler les affaires qui relevait de la magie. Rares étaient les villes qui prenaient le parti du Second cercle, et nombreuses étaient celles qui s’ouvraient à la Légion d’Acier, certaines allant jusqu’à exclure les mages de leur territoire.
Plus que jamais, les mages et les légionnaires se vouaient une haine sans limite…

Le règne des Castilles perdura durant deux générations. Si leurs rois furent des hommes bons qui agirent dans l’intérêt de Grimgaard, ils furent aussi des rois naïfs qui crurent que l’ordre établi continuerait à l’être en leur faveur.

Et oui, car tous ne pouvaient pas se contenter de prêter allégeance à un roi… Certains seigneurs étaient devenus tellement puissants, qu’ils pouvaient aisément renverser la maison au pouvoir.

En 66 après l’avénement du royaume de Terredor, le Baron, François Louis de Bayard, principal seigneur des terres du centre, fomenta à un coup d’Etat contre la maison royale. Soutenu par Antonio Nicovante, le Baron marcha sur Imperius, la capitale impériale, qu'il prit, et fit assassiner le roi, Frédéric II Castilles, et ses principaux soutiens, avant de faire marcher ses armées jusqu'à Miana, la capitale du royaume et de la maison Castilles.
Tous ceux qui tentèrent de s’opposer à sa nomination furent massacrés, décimés par milliers lors de terribles batailles.  
Même la Légion d’Acier, pourtant si puissante, se refusa à intervenir pour punir Antonio Nicovante de ses exactions, de crainte de s’attirer le courroux du nouveau monarque.

Après un an de guerre, le Baron Bayard parvint à atteindre Miana après avoir défait les armées de Otto II Von Krausevitz lors de la bataille de Tessandre où la cavalerie de la baronnie s'illustra dans une charge qui pourfendit les porteurs de haches du Land. En seulement quelques jours, François Louis Bayard fit tomber Miana avec l'aide d'Antonio Nicovante, avant de faire massacrer tous les membres de la maison Castilles...

Ainsi s’acheva le règne de la dynastie des Castilles dont les membres furent exterminés par les soldats du Baron Bayard.
Ainsi commença le règne de la dynastie des Bayard, qui domine aujourd’hui d’une main de fer Grimgaard.

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